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Poème de l'aube - septembre à décembre (3)

CHALLENGE 2021
LES POÈMES DE L'AUBE
de MAI à AOÛT
Un poème chaque matin...


SEPTEMBRE






Photo de l'auteure


(1) HAÏKU 112

Sors de ta coquille
Ne reste pas dans le noir
et reprends espoir

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(2) HAÏKU 113

Franchis l’océan
en effleurant la surface
tel un cormoran

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(3) MAILLES

Lorsque tout chancelle,
les fils s’entremêlent,
se croisent à l’infini,
fils de peur et de survie.
Mailles d’un filet de sang
qui enserre et qui s’étend.

Monde irrationnel
qui se démantèle.
Certains meurent,
d’autres s’enfuient
ou bien sombrent dans l’oubli.
Les fous ont pris le pouvoir,
et sèment le désespoir.

Ils sont tous imbelles,
cherchant l’essentiel.
Regard jaunis par le sable,
regards noirs et immuables.
Ils se tournent vers le ciel
qui les prendrait sous son aile.

Les fils s’entremêlent.
Combat perpétuel.
Qui écoutera leurs cris ?
Leurs larmes se sont taries.
Dans la grisaille d’un soir
s’est évanouie leur histoire.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(4) À VOL D’OISEAU

A vol d’oiseau,
où se situer
dans cet univers sans couleurs ?
Forêts blanches sur les plateaux,
falaises noires,
rivières en apesanteur...

Où sont partis
le bleu du ciel,
le vert d’un sous-bois enchanteur,
les traînées de rose orangé
quand vient le soir,
les arcs-en-ciel brodés de fleurs ?

Tout est grisaille.
Il suffirait
qu’un peintre dépose en douceur
des touches de soleil éparses,
aléatoires,
mille nuances de couleurs.

Il aurait sans doute suffi...
mais cela ne s’est pas produit.
A vol d’oiseau,
le jour s’enfuit.
Sans bruit.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(5) HAÏKU 114

L’horizon s’éveille
pose un voile de lumière
Marche douce-amère

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(6) CYCLE DU TEMPS

Le cycle du temps
s’inverse un instant,
et tu t’interroges :
qu’y a-t-il après l’expansion finale ?
Qu’y a-t-il avant
le bam du Big Bang ?
Tu pressens ainsi
la fin qui s’étale
en un éternel recommencement.

Le temps se déforme
et tout accélère,
cercles concentriques,
bulle aléatoire ou monde à l’envers.
Tu entends déjà,
loin dans l’univers,
le bam du Big Bang,
autre et identique
qui ébranlera l’avenir cosmique.

Le cycle du temps
n’est pas immuable.
Tu ne peux comprendre
le chant des étoiles, le souffle du sable,
l’ombre des trous noirs
incommensurable.
Et le temps s’écoule
dans un sablier,
un grain après l’autre...
en milliards d’années.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(7) PIERRE ANGULAIRE

Quel est l’endroit ?
Quel est l’envers ?
Le lac révèle ses mystères.
Le jour est sombre,
la nuit est claire.
Recherche la pierre angulaire.

Quel est l’envers ?
Quel est l’endroit ?
Le lac n’est pas ce que tu crois.
La nuit frémit,
le jour s’étire.
La pierre est dans tes souvenirs.

Quel est l’endroit ?
Quel est l’envers ?
La brise effleure la surface
et les abords
d’un lac de glace.
L’ombre d’un aigle
plane et s’efface.

Quel est l’envers?
Quel est l’endroit ?
La pierre existe, elle est en toi.
Le jour hésite,
la nuit flamboie.
Ecoute l’écho de sa voix.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(8) HAÏKU 115

Eclats dans la nuit
Ce fut un instant fugace
Puis tout s’évanouit

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(9) SPHÈRE

Regarde devant toi.
Est-ce un soleil tombé
un matin de septembre,
étoile qui rougeoie
et qui se réinvente ?
Des braises se répandent,
des pierres et des cendres,
et le reflet doré
d’un sourire sans joie.

Une sphère étonnante,
déposée sur le sol
quand le ciel est tourmente
et la poussière vole.
Elle est là sans y être...
Elle se met soudain
à rouler sans raison
plus loin que l’horizon,
finit par disparaître.

L’as-tu imaginée,
simplement ébauchée
sur les pierres d’un mur ?
Etait-ce l’illusion
d’un passé qui murmure
ou un rêve insensé
et son dernier frisson ?

Une sphère hors du temps
que tu n’as pu saisir
dont il reste pourtant
l’ombre d’un souvenir.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(10) HAÏKU 116

Quitte les sous-bois
les arbres bleu outremer
Le vent te libère

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(11) HAÏKU 117

Le chant du ressac
t’accompagne dans la nuit
Sans monotonie

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(12) UNE PART DE RÊVE

Quelle est la part de rêve
que tu t’octroies
lorsque la nuit s’achève
et le jour n’est encore
qu’un pan de ciel plus clair,
l’ébauche d’une aurore ?

Quelle est la part de rêve
que tu espères,
imaginant un être
revêtu de lumière
qui s’approche à pas lents,
le regard transparent.

Quelle est la part de rêve
qui s’évapore ?
Tu chevauches Pégase
ou la licorne d’or...
Et tes songes secrets
deviennent le reflet
de la réalité.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(13) HAÏKU 118

Simple déchirure
Intérieure ou extérieure ?
d’un cœur en pâture

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(14) QUATRE MURS DE CIEL SANS LIMITES

Un pan de ciel
derrière
les grilles
d’une prison.
Espoir ténu
derrière
les mots d’une chanson.

De quel côté
se situe l’homme,
celui qui rêve
de liberté ?
Quatre murs
de ciel sans limites
et le métal
qui s’entrecroise
sur les nuages.
Quatre murs
de pierre insolites,
et le parfum
imaginaire
d’autres rivages.

Quelle est la voie
qu’il voudrait suivre
s’il le pouvait
et s’il avait
vraiment le choix ?
Barreaux transformés
en sculpture
que le temps
cisèle ou dément,
grillage rouillé
par le vent
des siècles durant...
que la vie épure.

Quel est le secret
qu’il murmure ?


Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(15) FÉE MINNIE THÉ

Fée Minnie Thé, qui es-tu ?
Tu es la femme qui n’as plus
besoin de paraître étrangère
quand tu perçois des mots amers.

Fée Minnie Thé, que vois-tu ?
Le gris d’un ciel qui t’a émue,
le reflet d’un monde à l’envers,
l’enfant qui ferme ses paupières.

Fée Minnie Thé, que veux-tu ?
Les baguettes sont superflues.
Tu te redresses, tu espères
offrir des bouquets de lumière.

Fée Minnie Thé, où vas-tu ?
Tu suis un sentier méconnu
quand un rayon de lune éclaire
tes fossettes et tes yeux pers.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(16) HAÏKU 119

Couleurs d’un été
qui se posent sur les poutres
à la dérobée

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(16) IVRESSE SYMPHONIQUE

Où étais-tu lové
quand le feu tournoyait ?
Tu n’osais pas sortir
de cet abri de jais.
Tu écoutais les bruits
mais ne pouvais comprendre
tout ce qu’ils signifiaient.
Des notes de musique
s’accrochaient aux portées,
et toi seul aurais pu
en détacher les clefs.

Tu vibrais, inconscient,
bercé par la fusion
des notes et des mots.
Celle qui te portait
dans son propre horizon
chantait comme le vent...
Sonate ou concerto.
Un monde de musique
où tu nageais sans fin.
Ivresse symphonique
où tu te sentais bien.

Il te faudra sortir
de cet espace clos
et découvrir la vie.
Ce sera pour bientôt.
Bientôt...

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(18) TU AS MARCHÉ JUSQU’AU SOIR...

Tu as marché jusqu’au soir
et le lac est apparu.
Il recélait un mystère
auquel tu ne croyais plus.

Tu as fixé la surface,
plein d’espoir, mais incrédule.
Tu as cru voir une image,
voilée par le crépuscule.

Qui est celui que tu cherches
entre les gris et les blancs,
celui que tu imagines
et qui est inexistant ?

Les sommets et les vallées
se sont fondus dans la nuit.
Tu n’as gardé que l’écho
d’un visage blanc et gris.


Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(19) HAÏKU 120

Kaléidoscope
avant l’éparpillement
des graines au vent

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(20) L’AUTOMNE N’EST PAS LOIN

Les nuages s’effeuillent
l’automne n’est pas loin.
Il attend sur le seuil
à l’orée du matin.

Le ciel en trompe-l’œil
lui insuffle un parfum
que l’automne recueille
en attendant demain.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(21) HAÏKU 121

Posé sur les feuilles
l’été indien s’alanguit
Septembre s’enfuit

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(22) HAÏKU 122

Qui monte à pas lents
cet escalier de fortune ?
L’ombre d’un enfant

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(23) SOUVENIRS PARTAGÉS

La mer entre par la fenêtre
et il la regarde glisser
sur les souvenirs d’une enfance
qui commençaient à s’estomper.
Les vagues soudain les raniment.
Il se revoit dans un ravin,
respirant les ombres humides,
caracolant sur un chemin.

La mer entre par la fenêtre
distillant des bruns et des verts.
Il revit son passé lointain
sur un bateau imaginaire.
Quelle est la part de vérité
et les souvenirs qu’on sublime ?
Peu à peu, la mer se retire...
Il retrouve enfin ses racines.

Ann Rocard
(Texte écrit en lien avec une œuvre de mon frère Patrick Rocard, puis tableau-photo à partir de ce même texte)






Photo de l'auteure


(24) PRENDRE LE TEMPS...

Ecoute le temps qui s’écoule
chaque jour,
de plus en plus vite.
Tu ne pourras pas retenir
les grains de sable sur orbite.

On te dit qu’il faut élaguer
certaines branches de ta vie.
Tu te sentirais amputée,
privée d’hier et d’aujourd’hui.

Ecoute le temps qui respire
à la lisière d’un grand bois.
Tu ne sais pas faire une pause,
tu cours
toujours
comme autrefois.

On te répète : « Fais des choix !
As-tu quelque chose prouver ? »
Tu l’ignores,
mais tu continues
à poursuivre mille projets.

Ecoute le temps qui s’éloigne
dans cet immense sablier.
Il te faudra prendre le temps,
suspendre ce temps qui s’enfuit
avant la tombée de la nuit,
prendre enfin le temps d’exister.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(25) HAÏKU 123

Entre ombre et lumière
j’ai ressenti sa présence
Etat visionnaire

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(26) DERNIÈRES ROSES TRÉMIÈRES

C’est aujourd’hui,
c’était hier...
Et les dernières
roses trémières,
sur quelques tiges solitaires
enlaçaient la fin de l’été.

C’est aujourd’hui,
c’était hier...
Elles se disaient en colère
d’avoir attendu si longtemps
avant de fleurir et d’aimer.
Leurs couleurs déjà pâlissaient.
Leurs sœurs n’étaient plus que des graines
qui renaîtraient l’année prochaine
ou disparaîtraient à jamais.

C’était hier,
c’est aujourd’hui...
L’automne est là,
l’été s’ennuie.
Et les dernières
roses trémières
s’en sont allées.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(27) HAÏKU 124

Quelle est ta blessure ?
Tes mots parfois se fissurent
noyés d’amertume

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(28) PAYSAGE INVERSÉ

Il n’y avait aucun miroir,
mais ce paysage inversé,
venu du fond de ta mémoire,
te fit revivre le passé.

L’arbre se dressait de guingois.
Tu caressais ce tronc rugueux,
le lichen glissait sous tes doigts
et s’accrochait à tes cheveux.

C’était au cœur de la forêt,
sur un sentier, avec ton père.
Il s’éloignait, tu le suivais,
malgré la neige de l’hiver.

Pourtant, il ne reste aujourd’hui
qu’une image très colorée,
du jaune, du noir et du gris.
Tu as voulu tout oublier.

Nier ce qui est advenu,
remplacer les cris par des rires,
enfouir ce qui n’existe plus
à l’ombre d’autres souvenirs.

Il n’y a pas un seul miroir,
mais ce paysage inversé,
venu du fond de ta mémoire,
te fait revivre le passé
que tu as si longtemps nié.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(29) HAÏKU 125

La mer est amère
D’un passage qui s’entrouvre
jaillit la lumière

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(30) HAÏKU 126

Une pluie d’étoiles
s’éparpille sur la toile
d’une Aranéide

Ann Rocard



OCTOBRE






Tableau de l'auteure


(1) ABSENCE

Tu te faufiles
entre les troncs
à la recherche de l’absence.
Que signifie
ce mot qui danse
dans les sous-bois ?
Mot égaré,
mot endeuillé par la souffrance
qui évoque un départ soudain,
un envol au fil des années.

Tu te faufiles
entre les troncs
et ne perçois qu’indifférence.
Cependant
par intermittence,
tu aperçois
certains visages
dans le bleu et le gris des arbres.
Tu t’étonnes de leur présence...
Le temps se suspend,
en apnée.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(2) HAÏKU 127

A peine visible
une voile à l’horizon
Est-ce une illusion ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(3) HAÏKU 128

Dernière étincelle
qui enflamme un soir d’octobre
le cri des sarcelles

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(4) FUITE
chanson

Pourquoi veux-tu toujours
descendre vers l’abîme ?
Quelle est l’ombre incertaine
qui t’attire sans cesse ?
Lorsque que le clapotis
de l’eau n’est plus que rimes,
tu entends au lointain
les mots d’une caresse.

Qui prononçait ces mots
dans une autre région ?
Une mère, une sœur
dont la voix mélodie
te berçait de mirages,
et de tant d’illusions.
Tu as cru aux miracles...
Un soir, tu es parti.

Tu as dû traverser
l’océan qui délivre.
Tes amis ont péri
et toi seul as rejoint
une côte inconnue
où tu pensais revivre.
Mais il n’y a personne
pour te tendre la main.

Tu fixes la surface
de l’eau dans ce vieux port.
Tu regrettes déjà
d’être le survivant
d’un voyage épouvante
quand les autres sont morts.
Tu n’as plus que ces mots
enchanteurs, en chantant.

Tu es venu d’ailleurs
Ton passé s’évapore.
Que signifie la peur
pour toi qui l’as vécue ?
Tu n’as plus à présent
que le gris de ce port
et des bribes de voix
que tu n’entendras plus.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(5) HAÏKU 129

Les vagues de feu
veinent la carte du tendre
de neige et de cendres

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(6) PASSAGES

J’aime les passages
qui mènent vers l’inconnu
de jours gris ou bleus
qu’on croyait avoir perdus.

Passages étroits
au pied d’un vieux mur de pierres,
entre les rochers
ou dans un tronc centenaire.

Souvent j’imagine
m’y faufiler en silence,
découvrir un monde
de lumière et renaissance.

Est-ce une autre vie,
celle qui n’est pas la mienne
ou bien l’utopie
d’un au-delà qui m’entraîne ?

J’aime ces passages,
à l’écoute de surprises.
J’attends, en suspens...
L’éternité s’improvise.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(7) HAÏKU 130

Suis-je être ou paraître ?
Ne me faites pas confiance
Mieux vaut me connaître

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(8) ARIA

Une aria qui s’envole
sans limite de temps
ni lisière d’espace.
Une aria et je sens
l’univers qui m’enlace.

J’effleure l’infini,
portée par la musique,
et je reste en apnée
quand le violon s’épuise
et que la voix d’un ange
me grise,
enfin comprise.

Une aria qui s’envole
sans limite de temps
ni lisière d’espace.

Je n’ai plus de repères,
envoûtée par le rythme,
et je ferme les yeux
sans chercher de présence.
La voix me met en transe,
je danse
et je m’élance.

Une aria qui s’envole
sans limite de temps
ni lisière d’espace.
Une aria et je sens
l’univers qui m’enlace.

Ann Rocard





Photo de l'auteure (provisoire)


(9) Haïku 131

Un éclat de ciel
où rechercher l’absolu
Songe immatériel

Ann Rocard



Le Festival de musique de la baie du Mont-Saint-Michel est un temps de pause propice à la poésie et la contemplation.




Photo de l'auteure


(10) HAÏKU 132

J’ai ouvert les yeux
et le Mont m’est apparu
entre nuit et bleu

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(11) CONTEMPLATION

J’ai cueilli un brin de soleil,
l’inquiétude s’est estompée.
Au loin s’élevait la Merveille,
je me suis sentie apaisée.

Une seconde ou bien une heure,
sans la moindre interrogation,
oubliant les cris et les pleurs.
Une simple contemplation.
Le Mont bercé de prés salés
et la brume dans mes cheveux.
Le Mont voilé
au fond des yeux.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(12) VIVRE L’INTEMPORALITÉ

Savoir cerner le superflu.
Savoir élaguer l’inutile,
les peurs et les pensées futiles.
Savoir vivre ce qui n’est plus,
tel un tremplin vers l’invisible.

Savoir chercher la vérité
entre les mots superficiels.
Savoir discerner l’éternel
quand le souffle s’est arrêté,
et s’immerger dans l’indicible.

Apprendre,
mais aussi désapprendre
l’envie de chercher à savoir.
Juste suspendre
l’aléatoire.
Vivre l’intemporalité.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(13) HAÏKU 133

Des fleurs sur la vase
tels des oiseaux migrateurs
que l’automne embrase

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(14) HAÏKU 134

Il a traversé
la baie sans se retourner
Mais survivra-t-il ?

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(15) HAÏKU 135

Derrière la grille
la liberté s’éparpille
Comment la cueillir ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(16) PRÊTE-MOI TON CORPS

J’ai le diable au corps,
encore et encore.
Si tu es d’accord,
prête-moi ton corps,
prête-moi ton cœur
toi qui peux marcher,
courir et danser,
toi qui n’as pas peur
de toujours tomber.

Qu’importe la flamme !
Même corps et âme.
Si tu es d’accord,
prête-moi ton corps,
prête-moi tes yeux
toi qui t’émerveilles,
devant une abeille
posée sur le bleu
d’un éclat de ciel.

A cor et à cri.
Un corps sans un cri.
Si tu es d’accord,
prête-moi ton corps,
prête-moi tes mots,
toi qui sais chanter,
crier, murmurer,
imiter l’oiseau
qui s’est envolé.

Prête-moi ton corps
juste une semaine
pour que je renaisse,
pour que je comprenne
la vie indolore.
Je serai alors
un autre moi-même.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(17) HAÏKU 136

Appel d’un voyage
qui l’attire un soir d’automne
vers d’autres rivages

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(18) CLICHÉ ?

Non, ce n’est pas un cliché
ni le titre
d’une chanson.
La vie ne sera jamais
un fleuve,
un long fleuve tranquille,
la rivière qui s’étire
en riant à l’horizon.
C’est un voyage au long cours,
entre monts et précipices,
étendues plus apaisées,
ou bois parfumés d’épices.

La vie est comme un torrent
qui bondit de pierre en pierre,
malmenée les soirs de vent,
du printemps jusqu’à l’hiver.
Pour retourner à la source,
remontons le fil du temps,
à l’écoute
coûte que coûte
de l’eau et de ses mystères.

Tant de jours à la déroute,
de nuits de feu et de fer.
La vie ne sera jamais
un fleuve,
un long fleuve tranquille,
un bouquet d’îles
toutes neuves
au milieu de l’océan.

Quelquefois elle se pose
sur les berges d’un étang,
le temps d’une pause
sans l’ombre d’un ouragan.
Parfois elle reste en suspens...

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(19) HAÏKU 137

Ton chant me rassure
quand les vagues m’interpellent
Sans une imposture

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(20) TÉMOIGNAGE

Le timbre d’une contrebasse
résonne entre les troncs noircis
sans préavis.

Il reste encore quelques traces
qu’un musicien a déposées
dans la vallée.

Le temps peu à peu les efface
ne laissant que le fil des jours
aux alentours.

Le timbre de la contrebasse
n’était peut-être qu’un message,
le témoignage d’un autre âge.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(21) DÉSENCHANTEMENT
quadruple haïku

Désenchantement
quand on réalise un soir
qu’il est bien trop tard

Désenchantement
quand l’espoir à l’horizon
n’est qu’une illusion

Désenchantement
quand la vie se désagrège
en quelques arpèges

Réenchantement
à la lisière d’un rêve
Un souffle s’élève

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(22) LAC OUBLIÉ

Entre là
entre les entrelacs
d’une image controversée
dans l’antre d’un lac oublié.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(23) HAÏKU 138

La grille est fermée
Les pas se sont éloignés
et tu restes seul

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(24) HAÏKU 139

Où sont tes racines
que tu fuis sans le savoir
quand le jour décline ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(25) J'AI SUIVI LA RIVIÈRE...

J’ai suivi la rivière
entre les arbres fous,
fous de joie,
fous d’espoir
ou de chagrin amer.

Je ne l’ai pas longée,
je l’ai juste suivie,
ne sachant si un jour
elle disparaîtrait
au pied d’un arbre creux
ou derrière un rocher.
Là où elle était née,
il y a si longtemps.
Où elle avait souri
à la source de vie
qui est commencement,
s’éloignant peu à peu
vers une fin lointaine,
un immense océan
entre ombres et lumières.

J’ai suivi la rivière...
Je ne suis que le vent.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(26) FLEUR DE MÉTAL

Il ne restait qu’un mur
dressé dans les sous-bois.
Un mur sans raison d’être,
symbole d’une époque
à présent révolue.
Un vieux mur isolé
qui avait survécu.

Le ciment s’effritait,
grignoté par le lierre ;
les pierres regagnaient
lentement la lumière.
Seul un ventilateur
s’imaginait utile
quand le souffle des bois
glissait entre les pals,
les six pals immobiles.

Il ne restait qu’un mur
et la fleur de métal
figée sans émotion,
la fleur aux six pétales
ignorant les années
que le temps égrenait
et l’humeur des saisons.

Une fleur éternelle
qui un soir de grisaille
rejoindrait l’horizon
fuirait à tire-d’aile.

Il ne resterait qu’elle
sur un morceau de ciel.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(27) RIRE DE NEIGE
chanson

Le soleil a posé
des flammes sur les feuilles.
La neige de la nuit
s’est soudain mise à rire.
Un rire de clochette
pour effacer le deuil
d’un automne précoce
qui commence à s’enfuir.

Avez-vous entendu
le rire de la neige
bondissant sur les branches
et le sol qui craquelle ?
Il éclate, léger,
égrène des arpèges
et se glisse, invisible,
entre les étincelles.

Quand la neige et les flammes
découvrent au matin
les sous-bois jaune et blanc,
tout paraît silencieux.
Mais le rire s’élève,
tourbillonne sans fin
avant de disparaître,
se fondre dans le bleu.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(28) ENCHEVÊTREMENT

Comment s’y retrouver ?
Tout est entremêlé...
Un enchevêtrement
de fils et de pensées
qui soudain s’interposent
entre l’imaginaire
et la réalité.
Les idées s’entremêlent
et l’ensemble est confus.
L’espace est envahi
par la velléité.

Comment s’y retrouver ?
Le présent, le passé
glissent vers le futur...
Tout paraît embrouillé,
le temps s’immobilise,
cerné par le chaos,
en un lieu limité.
Pour recouvrer le calme
et respirer enfin,
il suffit d’une pause
ou d’une éternité.

Etirer les couleurs
et retrouver le gris
d’un monde sans écueils,
d’un fleuve sans soucis.
Eloigner les pensées
pour mieux cerner le fil,
le fil à l’origine
d’un embrouillamini.
Puis regarder sans peur
la vie écartelée
et modifier l’espace
pour ne plus s’y noyer.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(29) AU CŒUR D’UN VITRAIL

L’ombre tressaille
au cœur d’un vitrail
quand le soleil
soudain la réveille.
L’ombre s’embrouille,
gémit, s’agenouille.
Elle vacille,
s’enfuit, s’éparpille.
L’ombre s’effeuille,
le feu la recueille
sans la grisaille
au cœur d’un vitrail.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(30) HAÏKU 140

Depuis ta naissance
tu t’élèves peu à peu
vers la connaissance

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(30) FACTICE

Tout avait changé,
tu ne reconnaissais plus rien.
Dans le bleu des arbres,
un merle sifflait son refrain.
Le jaune et le rouge
éclataient jusqu’à la lisière
des bois désertés
en bouquets de fleurs éphémères.

Tout semblait factice.
Le passé s’était transformé
en couleurs primaires
qui n’avaient jamais existé.
Seuls restaient encore
quelques mares et leurs reflets
où tu retrouvais
celui que tu avais été.

Ann Rocard



NOVEMBRE






Photo de l'auteure


(1) HAÏKU 141

Le brouillard diffuse
le parfum gris de novembre
non loin de la cluse

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(2) QUELQUEFOIS

Quelquefois le chagrin t’étouffe,
la vie s’effrite,
la vie s’alarme.
L’espoir s’envole et tu te noies,
submergé par tes propres larmes.

Tout n’est que rouge, gris et noir.
Le silence devient vacarme.
Tu ne sais plus ce qu’il faut croire.

Quand le chagrin
s’éloigne enfin,
les trois couleurs virent au parme.
Tu te redresses
et redeviens
cet arbre droit
dont la confiance te désarme.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(3) HAÏKU 142

Fixe la surface
qu’un soleil anamorphose
Le calme s’impose

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(4) PUPILLE EN ÉVEIL

La pupille en éveil,
il pose sur le monde
un regard fait de peur
et d’espoir insensé.

Les hommes
ont-ils enfin
conscience que la Terre
court déjà à sa perte,
qu’il est temps de changer...

Changer au quotidien
notre façon de vivre,
d’agir avec respect,
nos modes de pensée.

La pupille en éveil,
il fixe l’avenir
qui semble s’éclaircir.
Rêve ou réalité ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(5) ARÔMES

Respire
l’arôme des sous-bois,
les feuilles rouges
aux reflets d’or,
la mousse humide sous les doigts
et les effluves de bois mort.

Enivre-toi
de ces parfums
qui ne seront que passagers.
L’automne depuis ce matin
s’éloigne sans se retourner.

Respire
l’arôme des sous-bois
et laisse-toi
ensorceler.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(6) PRÉSAGE

Quelques feuilles tombées
sur un reflet de ciel.
L’ombre des papyrus
qui laisse présager
un hiver en dentelle
et la fin d’une année.

Que sera la suivante ?
Sera-t-elle
différente ?
Nous fera-t-elle
rêver ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(7) HAÏKU 143

Va dans la forêt
rechercher ce qui n’est plus
Le passé s’est tu

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(8) PARTAGE

Arbre rouge
dans un monde bleu,
différent
et pourtant semblable.
Incompris
et parfois heureux
d’exprimer
le cœur d’une fable.

Arbre rouge
venu d’un autre âge,
d’un pays
où tout était feu.
II voudrait
transmettre un message,
fait d’un mot
ou peut-être deux.

Car ses feuilles
voleront bientôt,
éclats rouges
entre les nuages.
Deux syllabes
s’en feront l’écho :
un mot simple...
Tout n’est que partage.

Ann Rocard





Dessin informatique de l'auteure


(9) AU SUJET DE L'AUTEUR
DE "MÉFIEZ-VOUS DE LA PANTHÈRE !"
(pièce policière déjantée)


L’auteur
n’est pas à la hauteur
et l’écrivain
écrit en vain.
Si la panthère
se désespère,
c’est que l’auteur autoritaire
l’élimine sans commentaire.
L’écrivain
n’a rien de divin.
Et c’est certain :
Qui trop enterre
est terre à terre.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(10) HAÏKU 144

Vies à la dérive
avant l’anémochorie
vers une autre rive

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(11) HAÏKU 145

Automne en sursis
quand tout redevient poussière
Couleurs éphémères

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(12) VIE PARSEMÉE D’ÉPINES

La vie est parsemée d’épines.
Tu les évites
vaille que vaille...
Mais un soir,
quand s’ouvre une faille,
tu ne peux plus les contourner.
Tu vas devoir les affronter,
même celles dont tu devines
l’ombre portée.

Tu te rebelles
et tu défailles...
Pourtant tu ne recules pas
et tu chemines
pour exister.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(13) À CŒUR PERDU

Bientôt les arbres n’auront plus
que leurs branchages pour pleurer.
Cette image aura survécu
le temps d’un songe
ou d’un mensonge
avant d’être vite oubliée.

Vous qu’on aime et qu’on aperçoit
dans un reflet à cœur perdu,
vous qui êtes partis trop tôt,
inaccessibles
et invisibles,
nous vous avons tant attendus.

Quand nous ressentons vos présences,
l’émotion soudain nous étreint.
Nous écoutons votre silence,
mots de velours
au fil des jours,
votre rire sans lendemain.

Prenez nos mains,
séchez nos larmes
et suivons le même chemin.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(14) FIXE LE CIEL

Fixe le ciel sans réfléchir,
laisse-toi porter par la brise
quand le soleil se met à rire...
Tu peux de nouveau lâcher prise.

Tu t’émerveilles, tu t’étonnes...
Les feuilles rouges
et orangées
te bercent d’un parfum d’automne.
Tu te sens soudain apaisé.

Fixe les couleurs et respire
le message qui s’en évade,
vision de paix en devenir
douceur étrange
d’une ballade.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(15) HAÏKU 146

Au bout du tunnel
tu trouveras la lumière
Rien n’est irréel

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(16) HAÏKU 147

Des notes d’espoir
qui serpentent dans le noir
Une nuit d’ivoire

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(17) DESCENDRE UN ESCALIER
QUI A LES PIEDS DANS L’EAU


Enlever ses souliers,
un jour gris comme un autre.
Descendre un escalier
qui a les pieds dans l’eau.
Puis regarder le fond
pour mieux s’en imprégner.
Avancer à pas lents
dans l’eau déjà glacée
par le souffle du vent
et la fin d’une année.
Observer les ridules
vibrant à la surface
d’un lac en majuscule
à l’abri des montagnes.
Et recueillir l’image
d’un nuage égaré
entre deux feuilles mortes
pour l’aider à rejoindre
un ciel inespéré.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(18) MIROITEMENT

Un éclat de lumière
entre les feuilles mauves,
et tu oublies soudain
la grisaille alentour.

Un éclat qui s’étend
sur le lac, puis se sauve.
Et tu le suis des yeux,
sans fin, tu le savoures.

Tel un signe de paix
à l’abri d’une alcôve,
il adoucit l’espace
jusqu’à la fin du jour.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(19) HAÏKU 148

Progresse à pas lents
sur les feuilles libérées
Et va de l’avant

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(20) HAÏKU 149

Un seul mouvement
Le ciel se mêle à la terre
Où sont les frontières ?

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(21) EN DÉTRESSE

Le monde est en colère
et la tempête est proche.
Quand l’océan proteste,
l’espoir se met en berne,
les nuages rugissent,
les plages disparaissent.

Le monde est en colère.
La Terre en perdition
se révolte en silence
et ses larmes de feu
détruisent les forêts.
Il est temps qu’enfin cesse
l’ère dévastatrice,
cette ère anthropocène
que l’homme a laissée naître
en apprenti sorcier
et qui s’est emballée
dans la folie ambiante.

Le monde est en colère
et les vagues gémissent
sous l’assaut des tornades
consumant la lumière.
Dans la nuit d’un hiver
qui ne finira plus,
un hiver éternel
si nous n’agissons pas,
si nous baissons les bras.
La Terre est en détresse.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(22) HAÏKU 150

Est-ce le message
à la tombée de la nuit
d’un amour en cage ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(23) L’ENVIE D’ÉCRIRE UNE CHANSON
chanson

Le vent souffle des mots glacés
et les jardins soudain frissonnent.
La brume a déjà emporté
l’or et le parfum de l’automne.

Refrain :
Un peu de rouge
au fond du cœur
pour mieux lutter
contre la bise.
Un peu de couleur
dans les yeux
quand l’horizon
soudain se grise.
Un peu de chaleur
dans la nuit
pour voir la vie en rouge et vert,
pour y détecter la lumière.

Les baies des cotonéasters
colorent le vert des buissons,
donnent dans le froid de l’hiver
l’envie d’écrire une chanson !

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(24) SURIMPRESSION

Sur le sable humide et nacré,
les nuages se sont posés,
laissant tes questions en suspens...
Où donc est l’inversion du temps ?

Le ciel s’est immobilisé,
l’écume n’est plus que fumée,
tu vis en respirant à peine...
Quels sont les actes qui t’aliènent ?

Soudain tout paraît irréel,
le moindre secret se révèle,
et tu savoures,
hypnotisé,
cette vision instantanée.

Tu fais enfin partie d’un tout.
La beauté est un garde-fou
qui te préserve,
un court instant,
de la violence et du néant.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(25) HAÏKU 151

De longues nervures
sur un bout de parchemin
Que sera demain ?

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(26) AMITIÉ

Marcher à tes côtés,
s’émerveiller ensemble
et percevoir le bleu
d’une fleur du désert,
le sourire implicite
d’un éclat de lumière
et les ombres de nuit
qui le soir se rassemblent.

Echanger quelques mots
si le cœur nous en dit,
partager le silence,
un trille imperceptible,
des rêves sans limites,
des secrets indicibles...
Et savourer la joie
d’être enfin réunis.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(27) FLEURS ROUGES DE PONDICHÉRY
Triple haïku

J’aime les fleurs rouges
nées du bout de ton pinceau
Etranges oiseaux

J’aime leur parfum
fait de rêves et d’épices
venu de si loin

J’aime leur présence
Symbole d’une amitié
qui ne peut faner


Ann Rocard





Photo de l'auteure


(28) HAÏKU 152

Les moutons s’élancent
à l’assaut d’un ciel lointain
Envol incertain

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(29) FLEUVE NOIR

Le ciel gris s’illumine,
mais qu’importe ?
Un fleuve de boue noire
te déporte.
Fleuve de désespoir
qui te poursuit sans cesse
depuis que tu as fui
ton pays en détresse.

Les mains se sont fermées
et les regards gênés
se détournent
ou se ferment.
Ne restent que la boue
glacée sous la lumière,
le dessein aigre-doux
de quitter cet enfer.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(30) HAÏKU 153

Parfois il s’égare
et te fixe du regard
S’agit-il d’un œuf ?

Ann Rocard



DÉCEMBRE






Tableau de l'auteure


(1) DÉCEMBRE DE RETOUR

Décembre est de retour
en rouge et vert
sur les buissons.
A longs pas de velours,
brise de mer,
quelques flocons
dans un monde à l’envers.

Tu égrènes les jours,
l’ombre des mois
et des saisons.
Tu comptes à rebours
sans désarroi,
à l’horizon,
les années de sursis
et les chemins de vie
sans demander pourquoi
car tu n’as pas le choix.


Ann Rocard





Photo de l'auteure


(2) HAÏKU 154

Un dernier feuillage
avant sa disparition
est pris en otage

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(3) PAS UN SOUFFLE

Pas un souffle ce matin.
Juste un tintement
lointain,
teinté de bleu et de gris...
L’écho du silence inquiet,
murmure d’une élégie
quand l’année touche à sa fin.

Pas un souffle entre les branches
une noire et quelques blanches
d’une pâle mélodie...
Des notes imaginaires
qui s’enfuient
et se libèrent
enfin.


Ann Rocard





Photo de l'auteure


(4) GO EST LENT SANS SON EGO
Jeu de go ou jeu de mots ?

Le goéland
nommé Go
voyage sur un cargo.
Mais Go est lent,
escargot
sans coquille sur le dos.
Le goéland,
tout de go,
lit Gogol et joue au go.
Loin du Golan,
Go... bingo !
s’envole vers le Congo.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(5) CYNORRHODON DE NOTRE ENFANCE
Notre chanson d’autrefois

1- Cynorrhodon de notre enfance
qu’on attrapait dans les buissons.
On croyait qu’il nous portait chance,
il ressemblait à un bonbon.
Petit fruit rouge qui éveille
le souvenir d’un grand soleil.

Refrain :
Notre grand-père,
toujours rieur,
les yeux plissés dans un sourire.
Notre grand-père,
main sur le cœur,
qui nous a aidés à construire
tout un pays imaginaire,
pays de rêves,
pays de rires.

2- Notre grand-père l’appelait
le gratte-cul, et il riait
en nous montrant qu’à l’intérieur
se trouve du poil à gratter.
Il suffisait de le glisser
dans le cou de tous les rêveurs.

3- Cinorrhodon, rien que ce mot
ravive le clin d’œil complice
d’un grand-père, ami des oiseaux.
Il était notre catharsis.
Nous avons tant de souvenirs
qui ne pourront jamais s’enfuir.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(6) HAÏKU 155

Bouquet anonyme
esquissé un matin bleu
pour te dire adieu

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(7) PAR UNE NUIT D'HIVER

Par une nuit d’hiver
la grêle s’est posée
sur la vitre d’un monde
en quête perpétuelle.

Par une nuit d’hiver,
tu as imaginé
la carte vagabonde
où le flou se révèle.

Et cette nuit d’hiver,
tu as su transformer
la surface d’une onde
en espace virtuel.

Car cette nuit d’hiver,
tu as réalisé
qu’une image féconde
est souvent essentielle.

Par une nuit d’hiver,
tu as su t’envoler,
à peine une seconde...
La vie se renouvelle.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(8) LA MER EST PARFOIS JAUNE...

La mer est parfois jaune
et ressemble à la plage
où le soleil s’égare
croyant à un mirage.

Une mer isabelle
que les oiseaux survolent,
ocre ou souvent chamois
si la brume s’étiole,
safran, bulle ou moutarde...
Ballade en si bémol

Tu nages sur le sable
et tu marches sur l’eau.
Tu franchis les limites
sans en avoir conscience.

La mer est parfois jaune,
emportant les bateaux.
Tu les suis, cette fugue
devient une évidence.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(9) EMOTIONS

Envolée d’émotions
que tu ne sais plus contrôler.
Un soupçon de passion
et d’inquiétudes au passé.
Mouvement incessant
qui te fait perdre tes repères.
Espérance ou tourment,
et ressentis complémentaires.

Ferme un instant les yeux,
laisse l’orage s’éloigner.
Un instant silencieux
qui paraît une éternité.
Cueille tes émotions,
l’une après l’autre,
sans t’égarer.
Pas une hésitation,
tu vas apprendre à élaguer.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(10) QUELQUES MARCHES

Il suffirait de quelques marches
pour atteindre une porte ouverte,
découvrir celui que tu cherches
dans une retraite discrète.

Il suffirait de quelques marches...
Tu as grimpé tant d’escaliers
mais n’as jamais trouvé l’endroit
où tout pourrait recommencer.

C’était ici, c’était ailleurs...
Un soir s’achèvera ta quête.
Laisse les marches s’estomper,
l’espoir t’a fait perdre la tête.

Oublie les rêves utopiques,
l’attrait curieux des escaliers,
les fantasmes sans raison d’être.
Les portes resteront fermées.


Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(11) DANS LE BLEU DE L'HIVER

Rescapées du dernier automne,
deux ou trois feuilles s’abandonnent.
Un éclat de lumière
dans le bleu de l’hiver...

Des feuilles sur lesquelles
s’écrit l’aube du temps ;
cette époque lointaine
qui ne sait plus comment
le monde a évolué
pour être maintenant
aussi violent qu’avant.

Rescapées du dernier automne,
les feuilles rient et s’illusionnent.
Un soupçon de mystère
dans le bleu de l’hiver...

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(12) HAÏKU 156

Le ciel se constelle
en un songe spirituel
de pensées profondes

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(13) HAÏKU 157

Marche droit devant
et qu’importe la distance
En toute insouciance

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(14) CIPRIÈRE

Les cipres se dressent,
solitaires.
Pourtant semblables
dans le bayou.
Les pieds dans l’eau
dont les remous
font danser dans la ciprière
leurs doubles aux cheveux fous.

Et cette danse
qui s’échevelle
depuis des siècles
se renouvelle
et murmure entre chien et loup :
De nous,
vous souvenez-vous ?

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(15) L’EXTRAORDINAIRE DANS L’ORDINAIRE

L’extraordinaire
dans l’ordinaire
au quotidien.
Un mot, un regard
sans crier gare,
soir ou matin.
L’appel du voyage
dans les nuages,
mine de rien.
Un air de musique
mélancolique,
simple refrain.
Sourire en suspens,
rire d’enfant,
signe de main.
L’extraordinaire
dans l’ordinaire...
Souffle sans fin.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(16) HAÏKU 158

Largue les amarres
et vis en apesanteur
nappé de brouillard

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(17) LA PÂLEUR DU SILENCE

La neige a déposé
la pâleur du silence
et ta vie devient danse.
Une danse immobile
où tout est intérieur,
où tout devient paisible
sans soupir ni pensée.
Tu palpes l’invisible
d’un univers feutré.

Les flocons égarés
tombent au ralenti.
La neige a déposé
un bien-être infini.
Même le temps s’effile...
La notion de seconde,
de minute ou bien d’heure
n’a plus de consistance.
Fixité hors du monde.
Le silence envahit
les recoins de ton être
et tu te sens renaître
quand le jour se fait nuit.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(18) HAÏKU 159

Plus haut que les cimes
l’immensité interroge
la mise en abîme

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(19) HAÏKU 160

Tu es vraiment mort
si je ne me souviens plus
de ce que tu fus

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(20) HAÏKU 161

Les rues s’illuminent
et soudain tu imagines
que l’espoir renaît

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(21) HAÏKU 162


Entre chien et loup
à l’orée de la forêt
Vénus apparaît

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(22) RÉJOUIS-TOI !

La mousse sur les branches
donne le la...
Réjouis-toi !
Notes rouges ou blanches
par-ci par-là...
Réjouis-toi !
Les flocons se déhanchent
au coin du bois...
Réjouis-toi !
Les rires se déclenchent,
alleluia...
Réjouis-toi !
La joie prend sa revanche
en mille éclats...
Réjouis-toi !

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(23) HAÏKU 163

Bouquet de nuages
qui s’effile loin des crêtes
Voiles en partage

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(24) RÊVE DE NOËL

A travers une boule en verre,
tu observes le monde bleu,
rose et mauve dans la lumière
et tu murmures quelques vœux.

Pour la paix
et le renouveau,
l’égalité et le partage,
le sourire sur les visages,
la musique dans chaque mot.

A travers une boule en verre,
tu vis le rêve de Noël
à l’aube d’une autre frontière
et l’espoir d’une année nouvelle.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(25) HAÏKU 164

D’où vient la lumière
quand ton cœur s’est enflammé ?
D’un désir nacré ?

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(26) COMPLÉMENTARITÉ NOIR ET BLANC

Est-ce un chemin de liberté
ou la progression personnelle
qui ne s’arrêtera jamais ?
Une ascension vers le savoir,
la connaissance, la lumière,
l’éclat fugace
d’une étincelle,
la complémentarité blanc et noir ?

Pour changer d’état de conscience,
monte et descends cet escalier.
Plonge en toi-même pour mieux comprendre
ce qui te fera progresser.
Ces marches, d’autres les ont faites,
les ont bâties ou bien creusées.
Emprunte encore
cet escalier
N’oublie pas de le rendre ensuite
pour mieux aider l’humanité.

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(27) HAÏKU 165

Les bulles s’élèvent
Un souffle d’air les irise
Tout se cristallise

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(28) SUR LES PAROIS
Chanson

C’était il y a bien longtemps.
Pourtant tu t’en souviens encore.
Tu écoutais le chant du vent
en provenance du grand Nord.

Dans les grottes de la vallée,
tu dessinais du bout des doigts.
Noir, ocre et blanc, beige ou doré...
Tu peignais ainsi les parois.

C’était il y a bien longtemps.
Et dans ces grottes quelquefois,
je me réfugie, je t’attends...
Il me semble entendre ta voix.

Je perçois des mots inconnus,
j’imagine ta vie passée.
Je sais ce que tu as vécu.
Je suis ce que tu as été.

C’était il y a bien longtemps.
C’est moi qui m’en souviens encore.
Et j’écoute le chant du vent
en provenance du grand Nord.

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(29) HAÏKU 166

Un soleil si pâle
après la nuit hivernale
Nimbé de grisaille

Ann Rocard





Tableau de l'auteure


(30) HAÏKU 167

Ultimes reflets
près d’une berge enneigée
quand l’année s’achève

Ann Rocard





Photo de l'auteure


(31) EN CETTE FIN DÉCEMBRE

En cette fin décembre,
le ciel s’est embrasé
ne laissant présager
que des rumeurs obscures.
Espoir de jours nouveaux
fuyant l’intolérance
ou crainte d’une époque
submergée de violence ?

En cette fin d’année,
les nuages en feu
pointent le désarroi
de ceux qui n’ont plus rien,
qu’une simple illusion :
marcher, aller plus loin
pour découvrir enfin
un asile utopique,
un lieu inespéré
où ils sauront renaître
sans être rejetés.

En cette fin décembre,
les uns rient, d’autres pleurent...
Certains n’ont que l’absence,
la souffrance ou la peur.
Comment peut-on rêver
de conquérir l’espace
et laisser des enfants
mourir le ventre vide ?
Comment l’humanité
peut-elle être inhumaine ?
Il y a tant d’années
que ces questions me hantent.
Saura-t-on y répondre
avant l’éternité,
saura-t-on partager
un avenir serein,
une terre commune...
vivre l’égalité ?

Ann Rocard



Ce soir s'achève ce challenge 2021.
Je vais relire ces POÈMES DE L'AUBE à tête reposée, avec le recul nécessaire.
J'espère transformer ce challenge en exposition de textes et d'images.
N'hésitez pas m'envoyer vos réactions (nouvelle adresse : annrocard14@gmail.com).

Demain commencera un nouveau challenge dont je n'ai pas encore choisi le thème...

Belle année à tous !





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Date de création : 01/09/2021 : 19:36
Dernière modification : 20/05/2022 : 07:47
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